Réunion d'investisseurs autour d'un dossier d'acquisition

    Le private equity, avec la discipline qu'il exige

    Growth, buyout, dette privée, club deals : accéder au non coté suppose une sélection rigoureuse et une gestion réelle de l'illiquidité.

    Le private equity s'est démocratisé très vite, parfois trop : la performance historique de la classe d'actifs est réelle, mais la dispersion entre les meilleurs et les moins bons gérants y est bien plus large que sur les marchés cotés. Le choix du véhicule compte davantage que la décision d'y aller.

    Notre rôle n'est pas de vendre du non coté, mais de vérifier trois choses : que votre situation supporte une immobilisation de huit à douze ans, que le gérant retenu a un track record vérifiable sur des cycles complets, et que la strate de frais entre vous et l'entreprise sous-jacente reste raisonnable.

    En architecture ouverte, nous comparons fonds institutionnels, FCPR, unités de compte logées en assurance-vie luxembourgeoise et club deals directs — chacun ayant un profil de liquidité et de fiscalité différent.

    8-12 ans

    Durée de vie typique d'un fonds, appels de fonds étalés sur 3 à 5 ans

    Courbe en J

    Performance négative les premières années : frais avant création de valeur

    10-20 %

    Part de l'actif financier généralement raisonnable sur le non coté

    Les segments et ce qu'ils impliquent réellement

    • Buyout (LBO) — rachat d'entreprises matures avec effet de levier. Le segment le plus mûr, le plus documenté, le plus sensible aux taux d'intérêt.
    • Growth / capital développement — financement d'entreprises rentables en forte croissance. Volatilité intermédiaire, dispersion élevée entre gérants.
    • Venture capital — financement de sociétés jeunes. Espérance élevée, taux d'échec important : n'a de sens que diversifié sur de nombreuses lignes.
    • Dette privée — prêt direct à des entreprises. Rendement contractuel, distributions régulières, sensibilité au cycle de crédit plutôt qu'à la valorisation.
    • Secondaire — rachat de parts de fonds existants avec décote. Courbe en J réduite, visibilité supérieure sur le portefeuille sous-jacent.
    • Club deal / co-investissement — participation directe à une opération identifiée. Concentration maximale : à réserver à une fraction limitée de l'allocation.

    Comment nous sélectionnons un gérant

    Nous regardons la performance nette de frais sur des millésimes matures et non les valorisations intermédiaires, la stabilité de l'équipe d'investissement, la cohérence entre la taille du fonds levé et la thèse annoncée — un fonds qui triple sa taille change souvent de métier sans le dire — et la part du capital investie par l'équipe elle-même.

    Nous examinons également la structure de frais dans son intégralité : commission de gestion, carried interest et hurdle rate, mais aussi les frais de distribution intermédiaires, qui peuvent absorber plusieurs points de performance sur les produits grand public.

    L'enveloppe compte autant que le fonds

    Le même fonds peut être détenu en direct, via un FCPR, en unité de compte dans un contrat luxembourgeois, ou par une holding à l'IS. Les conséquences diffèrent radicalement : fiscalité des distributions, liquidité offerte, traitement en cas de décès, capacité à réinvestir sans frottement.

    Pour un dirigeant ayant cédé son entreprise sous le régime du report d'imposition de l'article 150-0 B ter, certains fonds sont éligibles au réinvestissement de 70 % du produit de cession : l'éligibilité doit être vérifiée dans la documentation du fonds, jamais supposée.

    Gérer l'illiquidité, pas la subir

    Un engagement en private equity n'est pas décaissé immédiatement : les appels de fonds s'échelonnent sur trois à cinq ans. Il faut donc maintenir une poche de liquidité dédiée, faute de quoi les appels arrivent au moment où les marchés cotés baissent — la situation classique du défaut d'appel.

    Nous construisons systématiquement un échéancier prévisionnel des appels et des distributions, et nous étalons les engagements sur plusieurs millésimes plutôt que sur une seule année, pour lisser le risque de point d'entrée.

    Vue en hauteur d'un quartier d'affaires

    Sur le non coté, la question n'est pas d'y aller ou non — c'est avec qui, dans quelle enveloppe, et pour combien de temps.

    Points de vigilance

    • Se méfier des TRI affichés sur des fonds jeunes : ils reposent sur des valorisations internes, pas sur des cessions réalisées.
    • Additionner toutes les couches de frais, y compris celles du distributeur, avant de comparer deux véhicules.
    • Ne jamais engager une somme dont vous pourriez avoir besoin dans les dix ans.
    • Diversifier par millésime, par segment et par gérant : trois lignes concentrées ne constituent pas une allocation.

    Pour quels profils

    • Patrimoine financier permettant d'immobiliser durablement une fraction de l'actif
    • Dirigeant en réinvestissement post-cession, notamment sous 150-0 B ter
    • Investisseur déjà diversifié sur les marchés cotés cherchant une prime d'illiquidité
    • Famille construisant une allocation multigénérationnelle sur horizon long

    Questions fréquentes

    Quel montant minimum pour investir en private equity ?

    Les fonds institutionnels demandent souvent 100 000 € et plus, mais des véhicules accessibles dès 10 000 à 30 000 €, ou logés en unité de compte dans un contrat d'assurance-vie, permettent une exposition diversifiée à partir de montants plus faibles.

    Peut-on récupérer son argent avant la fin du fonds ?

    Rarement et rarement bien : la cession de parts sur le marché secondaire se fait généralement avec décote. Le principe reste qu'un engagement est immobilisé jusqu'à la liquidation du fonds.

    Le private equity est-il plus performant que la Bourse ?

    Historiquement, les meilleurs quartiles de gérants surperforment les indices cotés sur longue période, mais les quartiles inférieurs sous-performent. La performance moyenne de la classe d'actifs n'est pas un objectif atteignable : tout dépend de la sélection.

    Comment fonctionne le réinvestissement 150-0 B ter ?

    Un dirigeant ayant apporté ses titres à une holding avant cession doit réinvestir 70 % du produit dans des actifs éligibles sous trois ans pour maintenir le report d'imposition (règles 2026), puis conserver ces titres cinq ans. Certains fonds de private equity y sont éligibles, sous conditions strictes de composition et de durée de détention.

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