Rémunération ou dividendes en 2026 : ce que le « tout dividendes » coûte vraiment
Avec un PFU porté à 31,4 %, l'arbitrage salaire/dividendes a changé. Le 100 % dividendes maximise souvent le net de l'année, au prix d'une retraite deux fois plus faible. Notre simulateur calcule votre point d'équilibre.
La question que tous les dirigeants posent — mal
« Vaut-il mieux se payer en salaire ou en dividendes ? » La réponse habituelle tient en une phrase : les dividendes coûtent moins cher. Elle est souvent juste sur le net de l'année. Elle est presque toujours incomplète, parce qu'elle ignore ce que vous perdez ailleurs : trimestres, points de retraite complémentaire, indemnités journalières, couverture invalidité.
Et 2026 a déplacé les curseurs. La loi de financement de la Sécurité sociale a porté les prélèvements sociaux sur les dividendes à 18,6 %, faisant passer le prélèvement forfaitaire unique de 30 % à 31,4 %. La contribution différentielle sur les hauts revenus, qui impose un taux minimal d'imposition de 20 %, a été prorogée. Les calculs faits il y a deux ans ne tiennent plus.
Le cas d'école : une SASU qui dégage 150 000 €
Prenons un président de SASU de 40 ans, célibataire, dont la société dégage 150 000 € avant sa rémunération et avant impôt sur les sociétés. Nous avons fait tourner notre simulateur sur toutes les répartitions possibles, de 0 à 100 % de rémunération.
Trois scénarios ressortent :
- 100 % dividendes : environ 83 300 € nets par an, mais une pension estimée à 840 € nets par mois. Sans salaire, il ne valide plus aucun trimestre et part à 64 ans avec une forte décote
- 100 % salaire : environ 69 500 € nets par an, et une pension d'environ 3 000 € nets par mois
- Un salaire brut d'environ 36 000 €, le solde en dividendes : 81 700 € nets par an et une pension d'environ 1 880 € nets par mois
Le troisième scénario coûte environ 1 640 € de net par an par rapport au tout dividendes, soit moins de 2 %. Il rapporte plus de 1 000 € de pension par mois, pendant toute la retraite. Aucun placement n'offre ce rapport.
Pourquoi le salaire « cher » reste utile
Un salaire de président de SAS supporte des charges élevées : sur 100 € de coût pour la société, il en reste environ 58 en net avant impôt. Mais ce coût est déductible de l'impôt sur les sociétés, et il achète des droits :
- 4 trimestres de retraite par an dès environ 7 200 € de brut annuel
- des points Agirc-Arrco, proportionnels au salaire
- des indemnités journalières et une rente d'invalidité, calculées sur le seul salaire
À l'inverse, le dividende est taxé deux fois — impôt sur les sociétés, puis PFU ou barème — et n'ouvre aucun droit social. Le bon arbitrage n'est donc ni le tout salaire ni le tout dividendes : c'est un niveau de rémunération calibré, complété par des dividendes.
Gérant de SARL : la règle des 10 %
Pour un gérant majoritaire de SARL ou d'EURL, l'équation est différente. Les dividendes qui dépassent 10 % du capital social, des primes d'émission et des comptes courants d'associé sont soumis aux cotisations sociales des indépendants. Avec un capital de 10 000 €, seuls 1 000 € de dividendes y échappent.
Le simulateur intègre cette règle et fait ressortir les leviers associés : élargir la franchise par un apport en compte courant, comparer avec une rémunération plus élevée, ou étudier un changement de forme sociale.
Au-delà de l'arbitrage : la holding et la trésorerie
Quand les dividendes ne sont pas consommés, les faire remonter à titre personnel est souvent une erreur. Versés à une holding soumise au régime mère-fille, ils ne supportent qu'environ 1,25 % d'impôt, contre 31,4 % de PFU. Sur 100 000 € destinés à être réinvestis, l'écart dépasse 30 000 €.
Nous détaillons ces mécanismes dans Structuration d'entreprise : comment réduire son imposition en tant que dirigeant et, pour ceux qui préparent une vente, dans notre analyse de l'apport-cession 150-0 B ter.
Votre point d'équilibre en trois minutes
Le simulateur rémunération ou dividendes Greyvale couvre les présidents de SAS/SASU et les gérants majoritaires de SARL/EURL à l'IS. Vous renseignez le résultat de votre société, votre statut, votre situation familiale et votre âge. Vous obtenez :
- votre net en poche selon la répartition choisie, et la répartition qui le maximise
- le compromis retraite : la meilleure pension possible pour moins de 2 % de net en moins
- le coût réel, en euros de pension, d'une stratégie 100 % dividendes
- votre plafond PER et les leviers prioritaires pour votre situation
Les calculs intègrent les paramètres 2026 : IS à 15 % et 25 %, cotisations du régime général ou des indépendants, PFU à 31,4 % ou barème avec abattement de 40 %, CEHR et CDHR. Ils restent indicatifs et reposent sur des hypothèses standard, que nous affinons ensuite avec votre relevé de carrière.
Pour un exercice calé sur l'année civile, le salaire 2026 doit être versé avant le 31 décembre : passé cette date, l'arbitrage de l'année est figé. Calculez votre point d'équilibre tant qu'il est encore temps d'agir.
Simulateur rémunération ou dividendes
Cette stratégie s'applique-t-elle à votre situation ?
Un premier échange d'une heure, sans engagement et sans facturation, pour analyser votre situation et vous dire franchement quels leviers sont pertinents pour vous.
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